THE KILLS - LA PREUVE PAR DEUX PDF Imprimer Envoyer
ON STAGE



Branchez les guitares crasseuses, sortez les bandanas, les rouges bien sûr, la bonne vieille bombe à colorer les cheveux, en rose, et les imprimés panthère. Ça devrait faire l’affaire. Aujourd’hui, on ose tout ! Non ? Les Kills, eux ont osé.

(Crédit photo /Edouard Plongeon) 

Entre clichés rock et influences glam des 70’s, Jamie Hince et Alisson Mosshart ne s’encombrent pas des codes du bon goût. Rien à f….. Ils sont là pour faire du rock, basique, animal, celui qui vous rentre dedans de plein fouet, qui vous envoûte, et vous ensorcelle jusqu’à faire jaillir les attitudes les plus primaires. Oué !! Je viens sur le bord de la scène vous faire sentir ma sueur, vous faire mater de plus près mes prouesses de guitariste en vous regardant droit dans les yeux, et oué je secoue les cheveux dans tous les sens, en rythme, et je caresse mon pied de micro, et alors ? Je fais du rock !!! Ajoutez quelques vieux potes hooligans version West Side Story aux percus, deux choristes pour donner un peu plus d’envergure à certains titres, et un public parisien mou du genou, mais ceci est un pléonasme, et le décor est planté, à l’Olympia, un samedi soir, lendemain de 11 novembre.

Toujours dans le sillon gravé par les Strokes et les White Stripes au début des années 10, The Kills perpétue la tradition du renouveau rock, le retour aux bonnes vieilles guitares qui crachent, sans trop d’effets, un maximum de boucles et de riffs tenaces. C’est percutant et malgré la redondance des sonorités et des structures musicales, chaque titre a son petit quelque chose qui fait de chaque album un pari réussi et de chaque minute du concert, un instant unique. « You are a Fever, You are a Fever… », refrain du titre du même nom, se lit sur les lèvres de chacun, « you’ve got to go straight ahead » extrait Tape Song déchire les dernières inhibitions… on se croit par moment de retour en 2008 pour la tournée « Midnight Boom », avec plus de la moitié des titres de l’album joués. La patte du dernier et 4e effort des Kills « Blood pressure » se démarque par ses phrasés plus langoureux. La postérité retiendra sans doute les titres « Future Starts slow », « Satellite », « DNA » et sans nul doute le superbe « Baby Says ».
Deux albums joués dans leur quasi intégralité pour presque deux heures de concert et la démonstration que le duo vaut une armée de groupes trop souvent blafards. Les Kills détiennent décidément la preuve par deux.-CMS

Mise à jour le Mercredi, 16 Novembre 2011 16:57